CHRONIQUE 17
TURISMO UBER ALLES
La baie à l’extrême
Sud de LANZAROTE est aux antipodes de l’île de GRACIOSA à l’extrême nord :
la première cultive son tourisme de masse ; la seconde conserve sa rudesse
de bout du monde.
La Playa PAPAGAYO - à l’est de cette large baie bordée
de sable et rochers bas - est un mouillage des plus fréquentés… presque autant
que la célèbre boîte de nuit sélect de Saint Tropez dont elle inspire le
nom !
Rendons hommage au Dieu TURISMO Au-Dessus-de-Tout.
Lui seul est capable de créer ex nihilo à l’extrême
fin des plus inaccessibles et désertiques îles des villes-de-toutes-pièces,
aéroport / routes / eau / électricité / logements / commerces / port / loisirs et
le reste tout-compris…
Notons que ces citées-neuves sont souvent peuplés de germains
d’outre-Rhin, bien que non exclusivement, leurs cousins bataves partageant une
commune grégarité.
Sans doute parce que le goth de l’est éprouve peu d’appétence
pour l’exotisme ; cette attirance pourrait lui suggérer que ses mœurs relèvent
de cette catégorie.
Rien de plus agréable dans les voyages à l’étranger que toujours
se retrouver chez soi !
La fonction de ce tourisme-entre-soi est la consommation
de masse du Dieu-Soleil, si rare sous les brumes du Nord qu’elle est strictement
répartie par habitant à 15 j par an.
Une des plus visibles compulsion de consommation du Dieu-Hélios
est le Culte-Naturisme.
Le soleil pour être consommé rigoureusement doit l’être in
naturalibus pour n’en pas perdre un rayon vu le rapport qualité/prix par
cm2 de l’investissement touristique !
Exposer à un shot d’une durée minutée d’UV Indice 100 - par
parts égales - son arrière-train et ses parties intimes, pose son prussien
retour en Saxe ou en Thuringe !
Quant à gent féminine, la nuance subtile entre ‘nue vs. dénudée’
tient à un fil de string… le Dieu-Soleil prend tout, Dieu-Eros saura trouver
les morceaux les plus appétissants !
Le soir, le mouillage se vide de nombre de ses bateaux :
chacun est rentré prendre sa douche chaude avant de dîner dans un restaurant typique
– thaï, indien ou vegan - sur le faux quai du port neuf.
Malgré un musée sous-marin constitué de statues immergées
visitables en plongée masque/tuba (snorkeling pour les initiés) ;
un port ultra-moderne dans lequel le premier geste d’accueil germanique
consiste à vérifier décamètre en main la longueur réelle de votre bateau
(annexe suspendue à l’arrière comprise) ; un parking empli de voitures explorant
leur bout du monde encombré ; un village proche doté de tous les services ; des plages emplies de creaturas craignant de mettre le petit doigt de pied
dans l’eau…
… j’ai préféré lever l’ancre vers d’autres bouts du monde !

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